La conférence aura lieu à l’auditorium de l’Espace culturel Bideak à 20h 30. Nous aurons le plaisir de recevoir Christian Normand Orieux.

« À quoi ressemblait l’habitat dans la Basse-Navarre médiévale ?

Il est hélas très difficile de répondre à cette passionnante question tant les évolutions ont été importantes et les destructions nombreuses durant cette très longue période. 

De fait, en l’état actuel des connaissances, les seules demeures parvenues jusqu’à nous correspondent à des bâtiments aux solides murs de pierre ayant pu résister à plusieurs siècles d’une histoire souvent mouvementée.

C’est le cas d’un type particulier : les « maisons fortes », possession d’une partie de la noblesse ayant eu les moyens financiers de faire de telles constructions qui, au-delà d’une protection toute relative, étaient avant tout un marqueur social. 

Malgré plusieurs transformations les ayant parfois profondément modifiées, les prospections entreprises à partir du début des années 1990 ont permis d’en repérer une quarantaine, surtout caractérisées par des murs de belle qualité et épais généralement d’au moins 1 m ainsi que par la présence de quelques meurtrières. Divers détails architecturaux permettent de proposer pour leur mise en œuvre une fourchette chronologique allant de la fin du XIIIe siècle au tout début du XVIe.

Cette conférence sera l’occasion d’en présenter quelques-unes parmi les plus représentatives et d’aborder diverses questions, notamment la place occupée par les possesseurs de ces édifices au sein de la société. « 

Préhistorien de formation, Christian Normand Orieux a été enseignant puis archéologue au Service régional de l’Archéologie. Pendant plusieurs années il a conduit d’importantes recherches dans la célèbre grotte d’Isturitz, recherches centrées sur les premiers Sapiens des Pyrénées occidentales, mais aussi sur des sites fortifiés médiévaux tels des châteaux royaux navarrais. 

Chercheur associé au laboratoire TRACES UMR 5608 de l’Université de Toulouse-Jean Jaurès et membre de l’association Eusko Arkeologia, désormais retraité, il poursuit ses activités archéologiques dans les mêmes domaines. Ces dernières années il a notamment été responsable des études engagées sur la forteresse espagnole de El Peñon (Château Pignon), le très ancien chemin dit des « Ports de Cize », le château à motte d’Osserain, la maison forte Jauregia de Beyrie-sur-Joyeuse… et contribué à divers chantiers conduits par d’autres archéologues et/ou des membres de cette même association, tout en poursuivant les investigations dans la grotte d’Isturitz, dernièrement des analyses destinées à identifier les ADN encore contenus dans les sédiments. 

Il est l’auteur ou le co-auteur de nombreux articles publiés dans des revues aussi bien régionales qu’internationales.